Les événements récents en Catalogne appellent à un retour sur l’histoire de cette région.

Partie 2 : de l’union avec la Castille à la guerre de succession d’Espagne

L’union des royaumes de Castille et d’Aragon

Le mariage de Ferdinand II d’Aragon et d’Isabelle 1ere de Castille en 1469 initie l’union des deux royaumes et marque la fin de la dynastie catalane. Le catalan continue de bénéficier de son statut de langue officielle dans les anciens comtés catalans.

1492 : prise de Grenade et découverte du Nouveau monde

Au cours du XVIe siècle, l’Espagne vit sous le règne des souverains issus de la maison d’Autriche dont Charles Quint qui accède au trône en 1516. Au sein de l’immense empire espagnol, la Catalogne constituait un Etat autonome conservant ses institutions traditionnelles et sa langue. C’est l’époque de l’apogée espagnole. La Catalogne fut cependant maintenue à l’écart des affaires politiques et financières de l’Espagne notamment du fruit des échanges croissants avec l’Amérique qui allaient faire la richesse et la gloire de la Castille.

 

Les conséquences de la guerre de 30 ans (1618-1648)

Lors du retour surprise de la France dans la guerre de 30 ans, Philippe IV d’Espagne (1621-1665) manque de ressources. Son ministre, Gaspar de Guzman, comte d’Olivarès, souhaite supprimer les privilèges locaux des catalans pour les faire participer à l’effort de guerre (union des armes contre un meilleur partage des fruits de l’Empire). En 1640 éclate la guerre des faucheurs (ELS SEGADORS qui deviendra l’hymne catalan) : les paysans et faucheurs prennent Barcelone, tuant fonctionnaires, juges royaux ainsi que le vice-roi. Pau Claris, à la tête de la Generalitat, proclame la République en 1641 mais l’oligarchie perd le contrôle de la situation face à la révolte des paysans pauvres. Les gouvernants font appel à Louis XIII qui s’empresse d’occuper la Catalogne qui doit désormais entretenir son armée. Suite à la paix de Westphalie (1648) et la perte de l’intérêt de la France, Philippe IV reprend la Catalogne en 1652 et signe le respect des lois catalanes. En 1659, le traité des Pyrénées entérine la paix entre la France et l’Espagne. Le royaume de France annexe « le Catalogne du nord » : comté de Roussillon, pays de Vallespir, de Conflent et l’est du comté de Cerdagne.

 

Les conséquences de la guerre de succession d’Espagne (1701-1714)

En novembre 1700, le roi d’Espagne Charles II de Habsbourg meurt sans descendance. Il avait légué sa couronne par testament à Philippe d’Anjou, petit-fils de Louis XIV. Toute l’Europe se sent menacée par la potentielle alliance dynastique entre la France et l’Espagne, la guerre éclate. La Catalogne et l’Aragon appuient la candidature de l’archiduc Charles d’Autriche contre Philippe d’Anjou. La ville de Barcelone est assiégée et se rend le 11 septembre 1714 (aujourd’hui jour de la DIADA, fête nationale catalane). Philippe V de Bourbon accède au trône d’Espagne et pratique une politique de centralisation à la française. La Catalogne se voit imposer en 1716 les décrets de la Nueva Planta : abolition de la Generalitat, suppression du droit catalan. Le castillan devient seule langue officielle de l’Etat. Il faudra attendre la seconde République en 1931 pour voir le court rétablissement de la Generalitat et du statut de la langue catalane. Franco y mettra un terme dès 1938 avec la révocation du statut d’autonomie de la Catalogne et l’interdiction de parler catalan en public. Le chute de la dictature en 1975 puis la Constitution de 1978 ouvrent un nouveau chapitre de coexistence de la Catalogne au sein de l’Espagne.

© Christophe Chabert