Je vous propose dans ce podcast de vous mettre à la place d’un terrien vivant en 2050 qui analyse les conséquences de l’élection de Jair Bolsonaro à la tête du Brésil 32 ans auparavant. La suite des événements mènera au terrible démembrement brésilien. 

 

En supplément, une carte sur la situation du Brésil en septembre 2050 : 

Le démembrement brésilien

Et pour ceux qui préfèrent la lecture, le scénario intégral ci-dessous :

 

Nous sommes le 6 septembre 2050, bienvenues sur nos ondes.

Aujourd’hui nous nous penchons sur les conséquences de l’élection de Jair Bolsonaro à la tête du Brésil il y a maintenant 32 ans. Cet homme est en effet considéré par nos contemporains comme l’un des principaux responsables du démembrement brésilien, qui eût d’immenses répercussions en Amérique du Sud.

Ces dernières années, la guerre meurtrière des gangs semble avoir eu raison d’un peuple épuisé dont les conditions de vie n’ont cessé de se détériorer. Le jeune État d’Amazonas peine à s’organiser et le Brésil du Sud, qui a fait sécession, est plus verrouillé que jamais.

Revenons sur les événements qui ont conduit à l’implosion de cet immense État-continent.

Jair Bolsonaro est élu président du Brésil le 28 octobre 2018, surfant sur la vague populiste mondiale et la défiance de la population dans les partis traditionnels corrompus.

Tout comme Donald Trump, son burlesque homologue américain de l’époque, il mise dès son arrivée au pouvoir sur un discours et une politique visant à diviser la société.  La majorité des brésiliens restent silencieux face à la suppression des aides sociales, la chasse aux sorcières contre les partis de gauche et la violence gratuite envers les minorités.

Réélu en 2022, le vent tourne pour Bolsonaro avec l’arrivée de la crise. Conjuguée aux sanctions de l’Union européenne, la baisse des prix du soja, du sucre et des minerais conduit à une dévaluation du réal de 60% en 2023. L’augmentation de l’inflation et du chômage font plonger le Brésil dans la récession. En 2025, le plan d’austérité du FMI s’abat inexorablement sur le pays.

Les classes moyennes, désillusionnées, se radicalisent. L’interdiction des syndicats et des manifestations entraînent une grève générale illimitée. Face à la contestation, Bolsonaro déclare l’état d’urgence, dissout le Congrès et prend les pleins pouvoirs début 2027. La chasse aux opposants devient alors systématique. Un plan de déforestation totale de ce qui reste de l’Amazonie est alors proposé pour relancer l’économie.

Mais le sort rattrape Bolsonaro. Il disparait en 2033 lors d’un déplacement à Fortaleza, dans d’étranges circonstances. De nos jours, le mystère demeure toujours total.   

Sans surprise, l’armée prend les commandes du pays. La répression est déléguée à des milices dont la cruauté a choqué une bonne partie du monde à l’époque. Les généraux ne parviennent cependant pas à rétablir l’ordre. La guérilla indienne fait rage en Amazonie, les groupes armés populaires multiplient les attaquent contre les militaires et les classes aisées dans les grandes villes.

2037 marque un tournant. Copacabana et Ipanema sont saccagés. Alphaville, ghetto ultra-riche de Sao Paolo, est assiégé puis envahi par des hordes humaines qui se livrent aux pires exactions contre les habitants n’ayant pu fuir par hélicoptère. A Brasilia, les lieux de pouvoir sont incendiés par le mouvement anarchiste.

Prise de panique, l’armée rapatrie ses moyens dans les 3 états du sud, organise l’exil des populations riches et proclame en 2040 la République du Brésil du sud, dont les frontières sont rapidement verrouillées.

Le Brésil est alors abandonné au chaos et aux pillages, poussant des millions d’habitants terrorisés sur les routes.

Il faudra attendre 2043 pour que l’OMU, l’organisation des multinationales unies, adopte une série de résolutions. Les pays limitrophes peuvent annexer des pans entiers du territoire brésilien en échange de la protection des réfugiés. L’État d’Amazonas est créé avec pour capitale Manaus. Sa frontière sud est militarisée, des milliers de drones tueurs se chargeant de dissuader passeurs et migrants.

Ce qui reste du territoire brésilien sombre dans une terrible guerre des gangs qui a fait rage jusqu’à récemment, en 2048, année de création des 7 baronnies brésiliennes. Depuis deux ans, la terrible élection de Miss Armada do Brasil a lieu à Rio. Ce concours voit s’affronter d’anciens militaires fait prisonniers et condamnés à une transformations physique intégrale pour devenir des reines de beauté.

© Christophe Chabert